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Madame Denise Lorach

Denise Lévy est née le 22 juillet 1916 à Besançon. Elle fait ses études dans cette ville au lycée Pasteur. En 1938 à Besançon, elle épouse Jacques Lorach, jeune avocat de Belfort. Un an plus tard, ils ont un fils Jean-Serge.

Son mari alors officier est fait prisonnier en 1940 ; elle se réfugie avec son fils et ses parents dans la Nièvre à Saint-Honoré-les-Bains.

 Le 28 février 1944, Denise Lorach, son père et son fils (âgé de quatre ans) sont arrêtés, parce que Juifs, par un soldat allemand assisté d’un gendarme français. Ils sont envoyés au camp de Drancy.  Le père de Denise Lorach, industriel français et ancien combattant de la guerre  1914/1918 est déporté à Auschwitz où il est gazé à son arrivée. Il était âgé de 58 ans.

Denise Lorach et son fils sont déportés à Bergen-Belsen le 2 mai 1944 avec un groupe de 240 femmes et 80 enfants de prisonniers de guerre, considérés comme d’éventuels otages. Malgré la faim, le froid, les poux, le typhus, les maladies, les sévices, ils arrivent à survivre.

En avril 1945 craignant la libération  imminente du camp, les allemands sous le contrôle  de Eichmann rassemblent Denise Lorach, son fils et les autres déportés, et les entassent sans eau, sans nourriture, sans hygiène dans des wagons à bestiaux. Nombreux mourront. Ce train fantôme va errer à travers les lignes allemandes et sous les bombardements alliés pendant une quinzaine de jours.

Le 23 avril 1945, des Cosaques à cheval interceptent le train errant. Mais aucun secours n’est prévu.

Avec son fils Jean-Serge, elle réussit à rejoindre la France en camion et retrouve son mari Jacques Lorach à Paris à l’hôtel Lutécia le 25 juin 1945. Jacques Lorach avait été fait prisonnier et enfermé à l’Oflag de Lubeck puis transféré  dans la forteresse de Colditz où l’on emprisonnait les « fortes têtes ». Il en avait été libéré  le 2 mai précédent. 

Elle ne pèse plus que 34 kg et son fils ne sait plus marcher. Ils s’installent à Besançon où la vie reprend progressivement avec la naissance en 1947 de leur second fils Jean-Paul.

En 1964, une exposition commémorant le vingtième anniversaire de la Libération a lieu au musée des Beaux-Arts de Besançon. Denise Lorach est choquée car il n’y a que très peu de documents sur la Déportation. Elle demande à la municipalité de Besançon une salle pour faire une exposition. Le maire, Jean Minjoz, lui propose de faire un musée.

museeDès lors, elle consacre tout son temps à la création de ce musée. Elle lance des appels auprès des associations et dans la presse pour recueillir des documents qui lui arrivent en masse. Une première réunion pour le Musée de la Résistance et de la Déportation a lieu en 1966 et, l’année suivante, l’association des amis pour le Musée de la Résistance et de la Déportation est créée.  Le 17 juillet 1971, le musée ouvre ses portes à la Citadelle de Besançon.

Denise Lorach est nommée conservateur. Elle s’adjoint un jeune professeur d’histoire à l’université de Besançon : François Marcot, futur conservateur du musée ainsi que  les associations de Déportés et Résistants de Franche-Comté.

Les deux devises du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon sont :

« Ne pas témoigner serait trahir » (D. Lorach)

« Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre » (G. Santayana)

Des dizaines de milliers de personnes visitent le musée chaque année, dont les présidents François Mitterrand et Jacques Chirac.

Denise Lorach décède le 8 septembre 2001, à l’âge de 85 ans.

L’esplanade située devant le musée, entre les poteaux des fusillés et la Chapelle Saint Etienne porte son nom depuis le 13 octobre 2001.

 

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